Homélie pour le 8 mai 2018 Enregistrer au format PDF

Etre juste… (Is 58 et Lc18, 9-14)
Mercredi 9 mai 2018 — Dernier ajout jeudi 10 mai 2018

Chers amis,

Dans cet extrait d’Évangile que nous venons d’entendre, Jésus met en scène deux personnages de la société de son époque, pour définir la justice.

L’un, le pharisien, est proche du Temple et exerce une responsabilité religieuse. L’autre, le publicain, est au service de l’Empereur romain et exerce une responsabilité pour le pouvoir politique. Tous les deux sont montrés comme croyants car membre du peuple élu, du peuple juif et tous prient.

Le contenu de la prière de chacun est bien différent. L’un fait l’éloge de ce qu’il est, surtout de ce qu’il n’est pas en se distançant de ses adversaires. L’autre s’exprime en reconnaissant sa qualité humaine, limité dans le temps et dans l’espace, avec ses charismes et ses faiblesses.

D’autre part, dans l’extrait du livre du prophète Isaïe que nous avons entendu en première lecture, Dieu affirme : Le jeûne qui me plaît : faire tomber les chaînes injustes, rendre la liberté aux opprimé, partager mon pain avec celui a faim… (Is58)

Chers amis,

En nous souvenant ce matin, - quelques jours après le souvenir de la déportation-, des victimes de la seconde guerre mondiale, nous voulons surtout nous inscrire dans l’histoire de tous ceux et celles qui se sont battus, qui ont donné leur vie, qui ont résisté à l’adversaire pour faire cesser l’horreur et l’hégémonie d’un pouvoir totalitaire et autoritaire, et, qui, après la signature de l’armistice, ont œuvré pour ce « Jamais plus cela » notamment en posant les bases d’une union européenne et la recherche d’une fraternité dans le respect des différences. Pour y parvenir, nous avons encore besoin de cette attitude et de cet esprit d’humilité afin que nous puissions continuer de tisser des relations vraies et solides où chacun se sent aimé, respecté, soutenu, défendu, et en premier lieu les plus fragiles qui espèrent, avec d’autres, voir advenir un jour une Europe sociale qui libérera les chaînes d’injustice et celles des opprimés et, comme l’exprime le magnificat : renverra les riches les mains vides et élèvera les humbles. (Lc1).

Chers amis,

Il est aujourd’hui difficile pour un chrétien de voir monter les relents de nationalisme et de rejet. Or, comme le disait si justement Lucie Aubrac : Le mot Résister doit toujours se conjuguer au présent. Le combat mené pour la justice, pour la liberté, pour l’égalité et pour la fraternité lors de la seconde guerre mondiale est aussi le combat non violent de ce Dieu d’Amour qui désire le bonheur et l’épanouissement de chaque être humain. Dans ce sens, je signale notamment l’heureux partenariat d’Erasmus, permettant à des étudiants d’aller à la rencontre d’autres cultures européennes et à d’autres de venir chez nous afin de nous enrichir de leurs connaissances. Je souligne également les différents comités de jumelage qui continuent d’œuvrer pour le rapprochement des peuples et pour la Paix.

Une fois pour toutes, par la vie donnée de Jésus le Christ, l’Innocent, le sacrifice a été offert parce qu’il est ce Juste qui s’est ajusté à la volonté de son Père pour nous proposer de nous rassembler en un seul peuple, diversifiée mais témoin de l’amour de respect et de l’amour d’amitié qui est cœur de l’identité de ce Dieu de Miséricorde.

Chers amis, Au moment où nous poursuivons notre prière par la prière universelle, présentons, humblement, au Seigneur des vivants, tous nos espoirs et nos tristesses, nos angoisses et nos espérances : pour notre commune, pour notre région, pour notre pays, pour l’Europe et pour le monde. Continuons, à notre niveau, d’œuvrer pour tout effort en faveur de la Paix et de la Réconciliation.

Voir en ligne : 8 mai 1945

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