Homélie pour le 3è dimanche de Carême - Clôture du Festival Cap Fraternité - Enregistrer au format PDF

Année C - « Tous envoyés pour vivre la fraternité » - Dimanche 24 mars 2019 Pordic
Lundi 25 mars 2019 — Dernier ajout mardi 26 mars 2019

« Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir ? »

Dans cette image du figuier, nous pouvons y trouver de nombreuses préoccupations de notre monde, de notre société. Si tu n’es pas performant, tu es Inutile ! Si tu n’es pas une star, tu es nul !
Mais, appréhendées selon le plan de Dieu, les choses peuvent être différentes. En effet, le Dieu Père de Jésus le Christ est un Dieu patient et qui continue de croire en l’être humain - en tous les êtres humains - même s’il arrive qu’il tombe sur le chemin. Dieu s’approche, le rejoint, le relève, le soigne. Avec Dieu, nous ne sommes pas dans le registre de la performance et du plus fort. Avec Dieu, nous nous inscrivons dans une relation de confiance, d’espérance, où tout le monde a sa place, à commencer par les plus petits, par les plus fragiles, par les plus démunis. Où les victimes de violences de toutes sortes sont les premières accueillies, écoutées …

« J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte … »

Dans la première lecture, Moise fait la rencontre de Dieu alors qu’il est en train de s’occuper de son troupeau. Dieu vient le rencontrer au cœur de son quotidien. Dieu vient rencontrer Moïse pour le déranger. Je t’ai choisi pour délivrer mon peuple. Pour le mener vers le pays de la Liberté, de la Joie, du Bonheur, de la Fraternité. Moïse cherche à résister à la demande de Dieu, tellement il se sent faible, incapable, de remplir cette mission. Mais Dieu l’assure qu’Il sera avec Lui, qui lui fait Confiance pour mener son peuple, à travers le désert, sur des chemins de liberté où la vie ne cesse de jaillir.

Nous aussi, enfants, jeunes, adultes, des 2 paroisses d’Etables sur Mer et de Notre de la mer, nous aurions pu nous dire : à quoi bon ce festival « Cap Fraternité » ? Nous sommes bien entre nous, bien ensemble, pourquoi en rajouter ?

Justement en vivant cette semaine de carême de façon extraordinaire, nous avons accepté de nous laisser dérangés, déplacés, pour aller à la rencontre des autres, de ceux que nous ne connaissons pas, de ceux qui vivent sur le même territoire que nous, qui œuvrent aussi pour le bien de l’humanité mais avec lesquels nous ne prenons pas le temps d’échanger, de s’écouter, de s’enrichir mutuellement. Nous avons ici pris donner du temps pour rencontrer Dieu. Ainsi, lorsque les portes de la ville de Jéricho ne peuvent pas s’ouvrir, ce sont les murs qui finissent par s’écrouler. Par ce festival, nous avons non seulement frapper à des portes mais plus encore désirer faire tomber des barrières pour construire des ponts : construire des ponts entre nous, chrétiens d’une même communauté pastorale ; construire des ponts avec les autres, parce que tous frères et sœurs en humanité, parce que tous désireux de revenir « aux sources de la solidarité humaine » pour contribuer au bien vivre ensemble, dans le respect de nos différences et la mutualisation de nos richesses …

Chers amis,
Oui, grâce au don de l’Esprit Saint et au Christ Jésus qui nous devance sur le chemin, nous pouvons dire Merci à Dieu son Père, dans la prière de l’Eucharistie pour toutes ces joies vécues, pour les dons reçus.
Avec Lui et grâce à Lui, nous avons ouvert des chemins pour garder courage, espoir et continuer de semer et chanter la Paix, aux couleurs de la Fraternité. Alors comment ne pas le louer, chanter notre Louange.
Amen