Homélie pour le Vendredi saint Enregistrer au format PDF

Vendredi 10 avril 2020
Vendredi 10 avril 2020

Is 52, 13 – 53, 12 ; Ps 30 ; He 4, 14-16. 5, 7-9 ; Jn 18, 1 – 19, 42

Chers amis,

En ce jour où nos yeux sont levés vers le Christ en Croix, « scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes (…) mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (1 Co 1, 23), aucune parole ne peut exprimer ce que nous vivons. Comme il l’a promis, le Christ est allé jusqu’au bout de son amour pour nous les hommes : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ! » (Jn 15, 13). Depuis la nuit d’hier, nous nous sommes laissés emporter par le Fils de l’homme dans sa passion où nous le voyons trahi par l’un de ses disciples, tourné en dérision et maltraité par les chefs des prêtres, les pharisiens, les scribes, les chefs politiques, mais aussi par toute cette foule furieuse qui réclame sa mise mort …
Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens de par le monde choisissent de suivre pas à pas ce chemin pénible et douloureux que le Christ a emprunté depuis le palais de Pilate jusqu’au calvaire en méditant les différentes stations du chemin de croix. Le Fils de Dieu, ayant souffert le refus, la haine et la flagellation de la main des hommes, remet son esprit entre les mains de son Père. Au-delà de tout ce que nous ressentons en méditant la passion, en remémorant la morsure sanguinolente de ses blessures, c’est cet amour immérité, sans condition et jusqu’au bout que nous contemplons. Le dominicain Yves Congar affirmait : « Ce n’est pas la souffrance de Jésus qui nous sauve ; c’est l’amour avec lequel il a vécu cette souffrance ». Catherine de Sienne, une autre dominicaine disait déjà au XIVe siècle : « Ce ne sont pas les clous qui retiennent le Christ sur la croix, mais l’amour. »
Nous voilà donc, chers amis, plongés dans cet amour de Dieu, ce grand amour qu’il nous donne librement et gracieusement, cet amour qu’il nous envoie partager par le monde entier. Oui, sans avoir besoin de nous, Dieu permet que nous l’aidions comme Véronique en essuyant ces visages défigurés par l’humiliation et la souffrance, ou comme Simon de Cyrène en aidant ceux qui ont moins de force, moins de possibilités, moins de chance que nous à porter leurs croix quotidiennes, ou comme Joseph d’Arimathie, Nicodème, les femmes de Jérusalem et tant d’autres qui se laissent toucher pas la souffrance des autres …
Sur la croix, le Christ avant de remettre son esprit, s’est écrié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Aujourd’hui, c’est le cri de tant d’hommes et de femmes, d’enfants et de vieillards qui ont l’impression que Dieu les a abandonnés … Ils attendent juste de nous un sourire, une parole, un geste pour retrouver cet Amour de Dieu.
« Les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu », laissons-nous emporter par son amour pour son Père et notre Père et pour nos frères et sœurs les hommes.
Que notre fierté soit toujours la croix du Christ !

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