Honni soit qui « malle » y pense ! Enregistrer au format PDF

Comme à Troie ou à Varennes ?
Mardi 7 janvier 2020 — Dernier ajout lundi 6 janvier 2020

Au sens figuré, se faire la malle est une expression un peu surannée.
Aujourd’hui quand un prisonnier s’évade, on dit qu’il s’est fait la belle, qu’il a quitté un lieu par ruse pour éviter la geôle, pris la fuite ou même la poudre d’escampette. Il y a toujours, sauf pour les grands criminels, un côté comique.
La marionnette napolitaine Polichinelle a depuis longtemps laissé la place au théâtre populaire lyonnais aux farceurs Guignol et Gnafron. Ils continuent à réjouir les enfants, et parfois les adultes.

C’est de bon ton de se moquer des puissants, surtout depuis qu’on prône avant tout la liberté d’expression. Guignol a eu dans le passé quelques déboires avec les autorités administratives.

Quand une vedette de l’économie, un chevalier d’industrie hors-pair, une sorte de génie industriel se fait prendre la main dans le sac, sic transit gloria mundi ! [1]. L’opinion publique pense qu’il doit payer pour ses fautes. Et la Justice, surtout nippone, y va de main forte ; Soit.

S’il est avéré que notre concitoyen a usé de stratagème pour échapper aux bois de Justice, on comprend la déception, que dis-je la vexation des autorités asiatiques. L’honneur est un dogme fondamental en Extrême-Orient ; il y a de quoi se faire hara-kiri.

Je pense que le promoteur de véhicules automobiles les plus modernes a tout simplement voulu connaître les joies d’antan, un transport en malle. A-t-il pensé faire mieux que Louis XVI découvert à Varennes dans la malle-poste ? C’est ainsi qu’on appelait les calèches et les premiers véhicules à moteur, notamment les malles-postes destinées au transport de colis mais qui acceptaient des voyageurs.

A force de fouiner sur internet, on se rend compte que ces malles-postes intéressent les offices de tourisme. Ils proposent aux randonneurs, à pied ou à cheval, de transporter leurs bagages tout au long des étapes de leur pèlerinage ou de leur randonnée. Fini la corvée de sac à dos chargé de tout nécessaire bien indispensable pour long périple.

Il y a évidemment plus confortable comme moyen de transport que de s’installer dans une malle à double fond. Vu à la télé, enfin dans un film, des résistants rejoindre une zone plus sûre, la zone libre, cachés dans un corbillard à double fond.

La ruse du Cheval de Troie ne réussit pas à tous les coups, gageons qu’à l’ère internationale, le verrou de l’immunité de frontière ne va pas tarder à sauter. Le rocambolesque peut faire sourire, mais Guignol ne peut gagner à tous les coups.

[1« Ainsi passe la gloire du monde » !