L’Évangile du dimanche 13 septembre 2020 Enregistrer au format PDF

Samedi 12 septembre 2020 — Dernier ajout lundi 14 septembre 2020

24è dimanche du T.O. - Si 27,30.28,1-7 /Ps 103(102),1-4.9-12 /Rm 14,7-9 / Mt 18,21-35

Les textes de ce jour nous rappellent la nécessité de s’ouvrir au pardon. Ben Sira nous indique que la miséricorde que nous espérons de Dieu est liée à notre attitude de pardon envers les autres. Inversement, pour manifester notre pardon à nos frères, il nous faut d’abord l’avoir reçu de Dieu.
En Matthieu, Jésus invite Pierre à dépasser tout calcul. En remettant à ceux qui nous doivent comme Dieu nous a remis notre dette, nous sortons de la comptabilité pour entrer dans la logique divine de gratuité et de surabondance. Le pardon est comme une rivière née d’une source : Dieu. Il nous traverse si nous le laissons passer vers d’autres. Si nous ne le laissons pas passer, nous stagnons dans le régime légal. Dieu sait combien il nous est parfois difficile de passer par-dessus l’offense. Mais s’il me pardonne une offense considérable, pourquoi ne pardonnerais-je pas à celui qui n’a pas commis une telle offense envers moi ? De ce cadeau du pardon divin doit partir la chaîne sans fin de nos propres pardons envers nos frères.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,21-35

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.
Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent).
Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.”
Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !”
Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.”
Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?”
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois »

Le Christ souligne avec insistance la nécessité de pardonner aux autres : lorsque Pierre lui demande combien de fois il devrait pardonner à son prochain, il lui indique le chiffre symbolique de « soixante-dix fois sept fois », voulant lui montrer ainsi qu’il devrait savoir pardonner à tous et toujours.

Il est évident qu’une exigence aussi généreuse de pardon n’annule pas les exigences objectives de la justice. La justice bien comprise constitue pour ainsi dire le but du pardon. Dans aucun passage du message évangélique, le pardon, ni même la miséricorde qui en est la source, ne signifient indulgence envers le mal, envers le scandale, envers le tort causé ou les offenses. (…) La réparation du mal et du scandale, le dédommagement du tort causé, la satisfaction de l’offense sont conditions du pardon. (…)

La miséricorde toutefois a la force de conférer à la justice un contenu nouveau, qui s’exprime de la manière la plus simple et la plus complète dans le pardon. Le pardon en effet manifeste qu’en plus des processus (…) caractéristiques de la justice, l’amour est nécessaire pour que l’homme s’affirme comme tel. L’accomplissement des conditions de la justice est indispensable surtout pour que l’amour puisse révéler son propre visage. (…) L’Église estime à juste titre que son devoir, que le but de sa mission, consistent à assurer l’authenticité du pardon.

Source Évangile au quotidien

Jardinier de Dieu