L’Évangile du dimanche 20 septembre 2020 Enregistrer au format PDF

Samedi 19 septembre 2020 — Dernier ajout lundi 21 septembre 2020

25è dimanche du T.O. - Is 55,6-9 /Ps 145(144),2-3.8-9.17-18 /Ph 1,20c-24.27a / Mt 20,1-16a

La justice de Dieu heurte la nôtre car nous estimons que chacun doit recevoir selon son dû. Pourquoi en effet, les ouvriers de la 1re heure (Evangile du jour) ne perçoivent-ils pas davantage ? Jésus nous apprend que, en guise de salaire, Dieu offre son Salut. Ce Salut est donc une grâce à accueillir. Ce n’est pas le travail fourni qui est considéré mais le fait d’accueillir l’invitation divine et d’y répondre en participant au travail de sa vigne. Son salaire est donc régi par sa bonté, qu’il exerce auprès de tous ceux qui répondent à son appel, sans condition d’âge ou de statut. Il nous faut sûrement persévérer à chercher Dieu, comme le suggère Isaïe en 1re lecture, pour intégrer son sens de la rétribution par la grâce reçue. Cette parabole nous propose aussi de ne pas nous laisser envahir par la recherche de privilège. Or, nous peinons parfois à nous défaire de nos efforts, nos sacrifices, et pensons injustement que cela nous donne des droits sur l’amour de Dieu. Jésus nous invite à dépasser la justice du marchandage et du mérite pour appliquer la justice de la gratuité et de la bonté.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16a

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.”
Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?”
Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.”
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier.
Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
“Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !”
Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?”
C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélies sur l’évangile de Matthieu, n°64, 4

« Allez, vous aussi, à ma vigne »

Il est bien évident que cette parabole vise la conversion des hommes à Dieu, les uns dès leur jeune âge, d’autres un peu plus tard, et enfin quelques-uns seulement dans leur vieillesse. Le Christ réprime l’orgueil des premiers appelés pour les empêcher de faire des reproches à ceux de la onzième heure, en leur montrant que la récompense est la même pour tous. En même temps il stimule le zèle de ces derniers en leur montrant qu’ils peuvent mériter le même salaire que les premiers. Le Sauveur venait de parler du renoncement aux richesses, du mépris de tous les biens, de vertus qui demandent un grand cœur et du courage. Il fallait pour cela stimuler l’ardeur d’une âme pleine de jeunesse ; le Seigneur rallume donc en eux la flamme de la charité et fortifie leur courage en leur montrant que même ceux qui sont arrivés les derniers reçoivent le salaire de toute la journée…

Pour parler plus clairement, certains pouvaient en abuser et tomber dans l’indifférence et le relâchement. Les disciples verront clairement que cette largesse est un effet de la miséricorde de Dieu, qui seule les soutiendra pour mériter une récompense si magnifique… Toutes les paraboles de Jésus, celles des vierges, du filet, des épines, de l’arbre stérile, nous invitent à montrer notre vertu dans nos actes… Il nous exhorte à une vie pure et sainte. Une vie sainte coûte plus à notre cœur que la simple pureté de la foi, car c’est une lutte continuelle, un labeur infatigable.

Source Évangile au quotidien

Illustration : Jardinier de Dieu

Voir en ligne : Dimanche dans la Ville