L’Évangile du dimanche 4 octobre 2020 Enregistrer au format PDF

Samedi 3 octobre 2020 — Dernier ajout lundi 5 octobre 2020

27è dimanche du temps ordinaire - Is 5,1-7 /Ps 80(79),9-10.13-16a.19-20 /Ph 4,6-9 /Mt 21,33-43.
Aujourd’hui, Isaïe souligne l’espérance que Dieu investit soigneusement dans son peuple (sa vigne), et son immense déception quand il ne récolte que de mauvais fruits (violences et injustices). L’histoire d’Israël relate ainsi le drame vécu par les sociétés qui bafouent le droit et la justice.
Jésus reprend la parabole d’Isaïe sans incriminer la vigne mais plutôt les vignerons qui s’approprient la vigne et ne produisent aucun fruit. Dieu attendait la justice, or voici les cris de détresse d’innombrables victimes du sous-développement et de la faim, les cris de nombreux défavorisés au cœur des sociétés opulentes. Et cette réalité découle de la volonté des hommes d’asservir leurs semblables à leur profit personnel, par la force ou par de subtils asservissements économiques. Serait-ce encore vrai de nos jours ? Jésus nous avertit que toutes ces victimes seront alors -avec Lui- la pierre angulaire de notre édifice socio-économique et le Royaume sera enlevé aux dirigeants qui se comportent comme ces mauvais vignerons. En cet automne, marqué par de profondes turbulences, quels sont ces fruits que Dieu attend de moi ?

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,33-43

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “ Ils respecteront mon fils. ”
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “ Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage ! ”
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Homélie 11 sur la 2e Lettre aux Corinthiens, 2-3 ; PG 61, 89-91 (Lectionnaire pour les dimanches et les fêtes ; trad. J.-R. Bouchet ; Éd. du Cerf 1994, p. 348 ; rev.) « C’est là l’œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux » « Le Christ nous a confié le ministère de la réconciliation » (2Co 5,18). Saint Paul fait ressortir ainsi la grandeur des apôtres en nous montrant quel ministère leur a été confié, en même temps qu’il manifeste de quel amour Dieu nous a aimés. Après que les hommes eurent refusé d’entendre celui qu’il leur avait envoyé, Dieu n’a pas fait éclater sa colère, il ne les a pas rejetés. Il persiste à les appeler par lui-même et par les apôtres. Qui donc ne s’émerveillerait pas devant tant de sollicitude ?
Ils ont égorgé le Fils venu les réconcilier, lui le Fils unique et de même nature que le Père. Le Père ne s’est pas détourné des meurtriers, il n’a pas dit : « Je leur avais envoyé mon Fils, et non contents de ne pas l’écouter, ils l’ont mis à mort et ils l’ont crucifié ; désormais, il est juste que je les abandonne. » C’est le contraire qu’il a fait, et le Christ ayant quitté la terre, c’est nous, ses ministres, qui sommes chargés de le remplacer. « Il nous a confié le ministère de la réconciliation, car Dieu lui-même était dans le Christ réconciliant le monde avec lui, ne tenant aucun compte de leurs péchés » (v. 19).
Quel amour qui surpasse toute parole et toute intelligence ! Qui était l’insulté ? Lui-même, Dieu. Et qui a fait le premier pas vers la réconciliation ? C’est lui. (…) Si Dieu avait voulu nous en demander compte, en effet, nous étions perdus, puisque « tous étaient morts » (2Co 5,14). Malgré le si grand nombre de nos péchés, il ne nous a pas frappés de sa vengeance, mais encore il s’est réconcilié avec nous ; non content d’annuler notre dette, il l’a même tenue pour rien. Ainsi devons-nous pardonner à nos ennemis si nous voulons obtenir nous-mêmes ce large pardon : « Il nous a confié le ministère de la réconciliation. »

Jardinier de Dieu

Voir en ligne : Dimanche dans la Ville