L’exceptionnel et l’ordinaire Enregistrer au format PDF

Samedi 1er février 2020 — Dernier ajout lundi 3 février 2020

Il y a dans nos vies des temps « forts » et d’autres qui, sans être « faibles », sont « ordinaires ».
Les temps forts, exceptionnels, nous tiennent davantage en éveil, en effort : préparer un concert, un festival, une compétition, un examen, les fêtes du Nouvel An … monopolisent notre attention, nos priorités ; tout est centré sur l’objectif visé, le reste est moins important, parfois délaissé.
Quand l’événement attendu est passé, la tension retombe, nous vivons à un autre rythme un temps « ordinaire » mais ce n’est pas pour autant qu’il est sans valeur. Au contraire, il nous ouvre un champ libre, il nous permet d’être inventifs, de penser à ce que les temps fort nous ont un peu fait oublier, de faire attention aux détails qui ont leur importance cachée.

Si c’est vrai dans notre vie humaine, familiale, çà l’est aussi dans notre vie spirituelle : il y a eu tout au long du mois de Décembre, le temps de l’Avent puis le temps de Noël qui s’est prolongé par les fêtes de la Sainte Famille, de l’Épiphanie, du baptême de Jésus. Des événements importants qu’il fallait célébrer de manière particulière
Au lendemain de la fête du baptême du Christ, la couleur liturgique est passé du blanc au vert (avec une parenthèse le 2 Février qui cette année est un dimanche). Nous sommes entrés pour quelques dimanches dans le temps dit « ordinaire ». Nous allons prendre le temps de dérouler les trois années de la vie publique de Jésus à travers le récit de Matthieu. Nous quitterons ce temps ordinaire au 1er dimanche de Carême qui sera suivi par le temps pascal et les grandes fêtes d’après Pâques . Puis nous attendrons le 21 Juin pour retrouver de nouveau le temps « ordinaire ».

Ce temps dit « ordinaire » sera riche des multiples rencontres de Jésus avec son peuple au cours de ses marches incessantes entre la Galilée, la Samarie et la Judée. Nous connaissons presque par cœur le contenu des Évangiles évoquant l’annonciation, la visitation, la naissance de Jésus, l’épiphanie, son baptême, ses quarante jours au désert ; nous connaissons presque par cœur sa passion - Résurrection, l’Ascension et la Pentecôte ….
Mais le reste de la vie de Jésus, qu’en savons-nous ? Ses rencontres « ordinaire » accompagnées de prédications et de paraboles n’ont rien d’ordinaires, elles sont comme des pièces de puzzle qui petit à petit nous permettent de découvrir la richesse de la vie de Jésus, gestes et paroles qui doivent nous interpeller quand Jésus nous dit « Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde », quand il vient accomplir la Loi et les Prophètes en les enrichissant de son nouveau regard « On vous a dit … moi je vous dis … »

Et si le temps « ordinaire » devenait le temps où ouvrant l’Évangile de Jésus selon St Mathieu, nous nous glissions dans la peau d’un disciple anonyme, pour découvrir ce que nos seules lectures dominicales ne nous rapportent pas ?
Il ne nous faut pas plus de deux ou trois heures pour lire cet évangile dans son intégralité. Si nous souhaitons que notre connaissance de Jésus ne reste pas superficielle, prenons le temps d’une petite lecture quotidienne, nous ferons sûrement de multiples découvertes qui n’ont rien d’ordinaire !

Bonne route dans ce temps « ordinaire »