Le mariage : Tiffany et Guillaume, vous êtes mariés. Enregistrer au format PDF

Depuis combien de temps ? Où avez-vous célébré votre mariage ?
Lundi 10 juin 2019 — Dernier ajout vendredi 7 juin 2019

Nous nous sommes mariés il y a presque 5 ans, le 14 juin 2014, en l’église Notre-Dame de La Charité-sur-Loire, dans le Berry, berceau familial de Tiffany.

La Bretagne (famille de Guillaume) a fait le déplacement pour l’occasion, mais finalement c’est bien la Bretagne qui a gagné puisque nous voilà installés à Pordic depuis bientôt 2 ans !

Qu’est-ce qui est à la base, au fondement, de votre rencontre et de votre vie de couple ?

Tiffany : De manière très concrète, la foi ! Lors de notre première rencontre, chez des amis communs, j’ai proposé à Guillaume de me rejoindre dans un groupe d’étudiants/jeunes professionnels à Paris, appelé Even (mot hébreu qui signifie « pierre », comme la pierre rejetée par les bâtisseurs qui est devenue la pierre d’angle … Even c’est aussi l’« Ecole du Verbe Éternel et Nouveau »). Even propose aux jeunes adultes de vivre une expérience chrétienne autour de la parole de Dieu révélée aux hommes. Le but de ce parcours de formation, qui dure deux ans, à raison d’une soirée par semaine (!), est de découvrir les conséquences de la Parole de Dieu dans une vie de jeune adulte. Guillaume est venu une fois, deux fois … Puis il a arrêté. Il n’a pas accroché avec Even, mais avec moi si !
Guillaume : L’ironie de l’histoire, c’est qu’une fois mariés, on nous a demandé de créer un groupe Even dans la paroisse à côté de chez nous. J’ai donc finalement suivi ce parcours de formation, pendant deux ans, week-ends et pèlerinages inclus ! Responsables du groupe, nous y étions au service d’un prêtre, aumônier du groupe, et au service d’autres jeunes en recherche de leur vocation, en recherche de Dieu, d’eux-mêmes. Ce fut une expérience riche pour chacun de nous et pour notre couple : être fidèles à cet engagement ensemble, chaque semaine et ce quelles que soient les circonstances ou presque (Tiffany a tout de même manqué une séance le lendemain de la naissance de notre 2e enfant !) ; retrouver d’autres jeunes et partager ensemble sur ce qui nous fait vivre, sur cette foi qui nous dépasse, sur l’Eglise, sur notre mission de chrétien ; marcher sur les chemins de Chartres, d’Ars … voilà de quoi fortifier notre couple et notre foi dès le début de notre mariage.

En quoi la préparation au mariage a-t-elle été pour vous une chance, une joie ?

Nous avons été accompagnés par un prêtre pendant un an. Nous nous retrouvions tous les trois toutes les 6 semaines, et chacun de nous le voyait régulièrement seul à seul. La chance, ce fut d’être poussés à grandir en liberté avant de se dire « oui » pour toujours. La préparation au mariage fut l’occasion d’aborder les questions importantes pour nous, voire qui fâchent (!), d’ouvrir les yeux sur l’autre et sur nous-même. Il n’y avait pas de « petit » sujet : toutes les questions, et tous les événements, jusque dans les détails des préparatifs matériels du mariage par exemple, étaient une occasion de mieux se connaître et de se préparer à notre future vie commune. Nous avons eu la chance d’être accompagnés par un prêtre qui nous a beaucoup fait travailler !
Tout ce temps de préparation a été une joie profonde : joie de se découvrir, de mettre des mots sur notre amour et notre projet de vie en commun, de prendre des décisions ensemble, d’apprendre à s’aimer mieux et en toute liberté. Ce ne fut pas sans difficulté, mais cela aussi fut un important apprentissage de la vie de couple !

Aujourd’hui, vous êtes également parents. Vous avez combien d’enfants ?

Quels sont leurs prénoms ? Qu’est-ce qui vous tient le plus à cœur pour l’éducation de vos enfants ?

Nous avons trois filles : Myriam, 3,5 ans ; Maëlle, 2 ans, et Espérance, qui a 8 mois. La préparation au baptême de chacune d’elle a été pour nous l’occasion de redécouvrir le trésor qu’est la foi et le cadeau qu’est le baptême d’un tout petit. Nous voulons leur transmettre la foi qui nous habite : la certitude d’être aimé de Dieu, la joie et la consolation de se savoir rejoint en tout par Jésus, l’assurance d’être guidé l’Esprit Saint. Croire nous rend heureux, et nous souhaitons que nos filles connaissent cette joie qui surpasse tout ! Au quotidien, cela n’est pas si facile … Nous essayons par exemple de prier avec elles tous les soirs, devant un petit coin prière dans leur chambre. Mais il y a les soirs où nous sortons, les soirs où nous sommes fatigués, les soirs où elles sont insupportables … Certains de ces soirs, ce sont elles qui nous le rappellent : « Mais maman, on n’a pas fait la prière ! ». Nous sommes convaincus que la foi est la chose la plus importante que nous ayons à transmettre : avec la foi viennent l’amour des autres, le respect de la création, le souci du plus pauvre, l’importance de faire fructifier ses talents … « Dieu seul suffit » !

La vie de couple, la vie de famille, est émaillée de joies et de soucis. Quels moyens vous donnez-vous pour traverser les moments de tempête, les moments de doute ?

Notre première ressource c’est de passer du temps tous les deux. Chaque année, nous nous offrons quelques jours, ou une semaine si on peut, sans enfant, et en dehors de notre cadre de vie habituel. Cette année, nous avons même pu partir 15 jours ! Comme un deuxième voyage de noces, 5 ans après le premier. Pas besoin de partir très loin (nous avons certes été à Malte, au Liban … Mais aussi, l’année dernière, sur la Côte de Granit Rose !). Ces moments à deux sont comme une réserve dans laquelle on peut ensuite venir puiser quand c’est plus difficile, quand l’autre nous agace et que l’on se demande comment on a pu aimer tel ou tel de ses défauts !

Depuis notre mariage, nous continuons de voir régulièrement le prêtre qui nous a mariés. Trois à quatre fois par an, nous passons une journée ou un week-end de retraite dans sa communauté. Si notre couple va bien, c’est du bonus pour aller encore plus loin, ne pas s’endormir, être stimulé dans notre vie conjugale, professionnelle et sociale. Si on traverse une tempête, c’est l’occasion d’y voir plus clair et de se faire aider par un tiers, c’est précieux !

Chaque mois, nous prenons une soirée (qui est fixée à l’avance dans notre calendrier), pour discuter de notre « vie conjugale » : ce qui va bien, ce qui va moins bien, ce qu’on aimerait changer, les projets qu’on aimerait partager. Nous passons cette soirée au restaurant (c’est bon pour la motivation), et chacun a préparé à l’avance ce qu’il veut dire à l’autre. Nous nous sommes construits une sorte de déroulé type. La régularité de ce rendez-vous nous permet de revenir sur les tempêtes par « temps calme », de ne pas accumuler de blessures ou de griefs, mais aussi de dire à l’autre ce qui nous a touché dans le mois écoulé, ce qui a fait que je me suis senti aimé par l’autre. C’est au moins aussi important que de parler de ce qui nous a blessé : dire ce qui m’a touché, c’est donner envie à l’autre de recommencer à m’aimer de cette manière.

Enfin, nous essayons de respecter une « règle » qui nous été donnée lors de notre préparation au mariage : ne jamais se coucher fâchés ! Parfois, que c’est dur … et qu’est-ce que ça demande comme humilité d’être le premier à demander pardon … ! On ne règle pas nécessairement tout avant de s’endormir, mais on s’assure que l’autre s’endort en paix et que le pardon a été donné, même s’il faudra parfois y revenir le lendemain.

Sans oublier la prière, personnelle mais aussi des autres, et qui peut faire des miracles, petits ou grands !

Sur le même sujet, voir l’article Le mariage, pouquoi ?