Louis Massignon, le Pordicais. Enregistrer au format PDF

Mardi 26 mai 2020 — Dernier ajout mercredi 27 mai 2020

En cette fin de Ramadan, « La Croix » du 22 mai consacre deux pages sur l’illustre Professeur islamologue.

En cette fin de Ramadan, « La Croix » du 22 mai consacre deux pages sur l’illustre Professeur islamologue.
C’est l’occasion pour nous habitants du Sud Goëlo, de rappeler quelques attaches bretonnes de notre Professeur renommé.
Au milieu du cimetière de Pordic, s’élève une chapelle funéraire, dont la porte sculptée est l’œuvre de Monsieur Roche, père de Louis Massignon. Y sont inhumés le Pr. renommé, son fils Daniel, savant atomiste et récemment sa belle-fille Nicole.
Cet artiste avait conçu le manoir de la Ville l’Evêque. Massignon mit en honneur Notre-Dame de Liesse sur la lande près de la mer.
A la vente du domaine de la Ville L’Evêque, Massignon s’installa à Binic, appelant sa maison Ker Ephèse, car c’était un rappel à la grotte des Sept saints dormants d’Ephèse. [1]

Et c’est en 1954, qu’il initia le fameux Pardon des Sept Saints au Vieux-Marché en Côtes du Nord.

Il est difficile de résumer les qualificatifs du Professeur Massignon : islamologue reconnu à l’international, Professeur au Collège de France, diplomate, polyglotte, prêtre melkite, et surtout chrétien engagé dans un dialogue fécond avec les musulmans.

De tous les aspects de sa personnalité si riche, des amitiés avec Jacques Maritain, Paul Claudel, François Mauriac, le Père de Foucauld, dont certains vinrent à Ker Anna à Binic, on ne voudra bien retenir en cette brève évocation, son mysticisme.
Il n’oubliera jamais que sa Foi chrétienne lui est parvenue par l’Islam, et surtout à travers l’islam mystique. La personnalité d’Abraham, ce père en la Foi commun aux monothéistes, lui permit de créer des passerelles. Il en gardera un attachement profond en l’hospitalité. sacrée. _ Paul VI qui connaissait bien notre compatriote reprendra cette ouverture d’esprit dans « Nostra Aetate », déclaration conciliaire qui recommandait à l Église l’estime envers les croyants en un Dieu unique.

Enfin, restant un peu chauvin, qu’il soit permis de rappeler que Massignon ne dédaignait pas les mystiques chrétiens, puis qu’en 1933, il revint chez nous rencontrer Philomène Bertho [2], la stigmatisée de Binic.
Un paroissien de Pordic qui assista à une messe de Massignon rue Monsieur à Paris, me confia qu’il avait été très impressionné par la célébration, un moment de grâce, comme un élan de sainteté (avec manifestation de lévitation).

Comme au début de chaque prière musulmane, nous pourrons prier en union avec eux en cette fin de Ramadan, le Dieu Miséricordieux, Bismillâh !

L’actualité éditoriale a suscité l’article dans La Croix : l’annonce de la parution de la biographie de Louis Massignon par Manoël Pénicaud, auteur d’une thèse remarqué sur le pèlerinage islamo-chrétien de Vieux Marché.
Louis Massignon - Manoël Pénicaud - Bayard - 2020

En août 2010, notre ami Bernard avait signé un article Rencontre avec le Dr Bérengère Massignon.
Voir aussi Ouest-France : L’islamologue Louis Massignon aimait Pordic

Voir le site internet « Les sept dormants au Vieux-Marché » : http://septdormants-levieuxmarche.fr/Le-Pardon-des-Sept-Saints.html

[1Note de Mme Bérangère Massignon : Pierre Roche (Fernand Massignon), sculpteur art nouveau et symboliste, n’a pas acheté la maison de la Ville Lévêque ; il l’a conçu, fait construire et entièrement décoré du papier peint aux mitrons du toit.
Avant l’achat de Ker Ephèse par ma grand mère Massignon, les Massignon louaient la Roseraie et ce, jusqu’à la mort de Louis Massignon ; donc il n’a pas connu Ker Ephèse.

[2voir l’article Une stigmatisée à Binic

Voir en ligne : Sept Dormants d’Éphèse

Chapelle funéraire Louis Massignon

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