Plaidoyer pour les ouighours du Xinjiang Enregistrer au format PDF

Mercredi 18 septembre 2019 — Dernier ajout jeudi 3 octobre 2019

Le XinJiang est une région autonome ouïghoure, une des cinq régions autonomes de la République populaire de Chine.

Le XinJiang est une région autonome ouïghoure, une des cinq régions autonomes de la République populaire de Chine. Situé à son extrême ouest, il s’étend sur 1 660 001 km2 et occupe un sixième du territoire chinois.
Le Xinjiang possède une frontière commune avec huit pays, la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde.
Sa capitale est Ürümqi (qu’on prononce Ouroumtshi).

Cette région est également connue sous le nom de Turkestan oriental depuis le XIXe siècle. On y parle en effet le turc, la religion est l’Islam et d’un point de vue ethnique c’est un peuple un peu mongol, enfants et vieillards ! vivant le plus souvent à cheval.

Depuis plusieurs années, le gouvernement central de Pékin favorise l’implantation de Hans, des chinois « pur riz » au point que la population locale y voit une forme d’implantation forcée, pour ne pas dire colonisation. L’exemple du Tibet est de toutes les mémoires.
Pas étonnant que certains mahométans soient tentés par l’islamisme fondamental. Quand on est dans une région a forte identité, comment ne pas craindre l’Etat central ? (FLB on s’en souvient). Ces islamistes ont évidemment eu l’oreille de Al-Qaïda et plus récemment de Daesh. Certains observateurs neutres disent que ces révolutionnaires vus comme terroristes par le pouvoir central n’ont jamais été très nombreux, même s’il y a eu de réels attentats. En tout cas, dit-on, ils n’ont pas le soutien de la majorité de la population.
La persécution des musulmans ouïghours est la situation la plus désastreuse en matière de relations publiques pour le Parti Communiste Chinois depuis la répression massive des adeptes du Falun Gong dans les années 2000. Plus d’un million de ouighours sont incarcérés dans les camps qu’il faut bien appeler camps de concentrations. L’opinion publique internationale s’en émeut bien sur, mais business is business .

En 1926, Pierre Teilhard de Chardin exilé en Chine par ses pairs, s’est installé à Tianjin. Il travaille en tant que paléontologue et géologue aux côtés du jésuite Emile Licent, il s’est déjà bâti une réputation suite à des missions fructueuses en Mongolie intérieure en 1922 et 1923. Lors de la « croisière jaune » [1] organisée par Citroen, en 1931, il est sollicité pour faire partie du voyage sur la Route de la Soie ; mais il est arrêté à Urumqui et emprisonné un temps.

Urumqui est une ville particulière, il n’y pleut jamais ! Coincée entre les monts Altais qui dominent à plus de 5000 mètres et les déserts du Tamarlakand et de Gobi, elle était une étape intéressante sur la route de la soie. Des monts enneigés parvient une eau ô combien appréciée au bord de ces deux déserts. Il y a plus de 2000 ans, les occupants ont eu l’idée de creuser des canaux 5 mètres sous terre sur 30 km pour recevoir l’eau des neiges, des Karez. On parle beaucoup de la Muraille de Chine et des armées de terra cotta enfouies, il n’est donc pas étonnant de retrouver d’autres travaux gigantesques. Et que devient cette eau si précieuse en milieu désertique ?
Elle descend dans la dépression de Tourfan, 154 mètres en dessous du niveau de la mer dans un couloir fertile de 240 km ; plus bas que la Mer Morte. La végétation y est luxuriante, certaines rues sont équipées de treillages, les ceps pouvant faire 5 mètres de haut ; sur le bord des routes ces raisins sont sèchés au soleil, en tas d’un mètre de haut. Tous ces fruits et légumes prennent le train pour Urumqi distant de 150 km mais un train qui ne dépasse pas 50 à l’heure.
Quant au désert de Gobi, c’est vraiment impressionnant. Des villes fortifiés au Moyen-Age, il ne reste que quelques carcasses de murs, après le passage de Gengis Khan. Seules les tombes en sous-sol retiennent l’attention. Le climat est tellement chaud et sec que certains corps sont exposés, momifiés. Les murs ont conservé des fresques, répertoriées et signalées par l’UNESCO. Au milieu de ce désert, une montagne se visite, la Flaming mountain, mais on ne peut y accéder qu’avec des chaussures spéciales car la température du sable est de 75° Celsius … tant pis, on restera à son pied.
Les ouighours sont donc un peuple sympathique, hospitalier, recevant même pour gite et couvert dans leur yourte, jusqu’à 20 personnes sous leur tente. Comment un grand pays peut-il brimer et tenter d’étouffer une région qui bénéficie d’une culture différente et très riche. La civilisation d’un pays peut se caractériser par l’harmonie de ses différences.

Il faut se mobiliser pour défendre « le soldat » ouighour !

[1Un des raids automobiles organisés par André Citroën, et reliant Beyrouth à Pékin. Il s’agit de la troisième expédition motorisée du genre, la première étant la traversée du Sahara et la seconde, la croisière noire.

Voir en ligne : Ouïghours

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