Printemps 2020 Enregistrer au format PDF

Vendredi 20 mars 2020

Je me souviens … C’était le mois de mars 2020 … Les magasins se vidaient, les rues s’étaient dépeuplées, les concerts et les matchs de foot étaient annulés, les ados ne se rendaient plus à l’école ni au skatepark pour retrouver leurs amis, les enfants se retrouvaient avec leurs parents toute une journée à la maison pour jouer ou pleurer, les croyants devaient réinventer leur relation à Dieu en dehors des rites prescrits et de la vie de communauté, les jeunes apprenaient à utiliser leur ordi ou leur smartphone pour s’interroger et critiquer, l’économie n’avait jamais connu un tel revers … C’était le mois de mars 2020 …
Et le printemps n’en savait rien, les fleurs continuaient à éclore, les jonquilles et les tulipes coloraient les jardins, le soleil brillait ou faisait place à la pluie, les hirondelles revenaient et chantaient, le ciel dansait en orange et en bleu, l’eau traversait les campagnes, la terre tournait toujours sur elle-même et autour du soleil, les étoiles scintillaient dans le ciel pendant la nuit … C’était le mois de mars 2020 …
Les habitants de la terre ont été forcés de s’arrêter dans leur course éphémère. Chacun portait un masque qui rappelait l’égalité et la dignité de tous devant le mystère de la vie. Nous avons retrouvé la valeur du silence, des câlins, des gestes de tendresse, Chacun a assumé sa responsabilité. Nous nous sommes questionnés sur notre Essentiel. L’ennemi a été terrassé … Et le printemps n’en savait rien, les fleurs sont devenues des fruits … Nous sommes tous sortis, nous avons embrassés tous nos voisins comme si c’étaient nos meilleurs amis, nous avons fait la fête tous ensemble et nous avons partagé ce que nous avons compris … Alors, est arrivé l’été, parce que le printemps n’en savait rien et il avait poursuivi son chemin … envers et malgré tout, malgré le virus, malgré la peur, malgré la mort …
Parce que le printemps n’en savait rien et il nous a tous appris la force de la Vie …
Et si nous écrivions ensemble cette Histoire dont nous sommes les héros ?

(Du P. Xavier Ernst, Salésien)