Protégeons la maison commune Enregistrer au format PDF

Lundi 7 septembre 2020 — Dernier ajout jeudi 24 septembre 2020

Dans son encyclique « Laudato si’ », le Pape François lance un appel à tous pour la sauvegarde de notre terre, la maison commune.
« Loué sois-tu, mon Seigneur » chantait saint François d’Assise.
Notre sœur la terre crie pourtant en raison des dégâts que nous lui causons sur le sol, l’eau, l’air, les plantes et par là même les animaux et les humains.

Prenant conscience de cette situation, bon nombre de personnes œuvrent dans le sens du respect de la nature. Dans le cadre de l’agriculture respectueuse de l’environnement, nous avons rencontré Alain Fleury et son fils Emmanuel qui ont accepté de nous parler de leur métier d’agriculteur.

Alain, pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

Après le baccalauréat, j’ai suivi pendant 5 années les cours à l’ISAB de Beauvais pour obtenir le diplôme d’ingénieur.
Nos parents - à Yves et moi - tenaient une ferme de 30 hectares avec élevage de vaches et de cochons.
En 1982 j’ai repris une partie de l’exploitation, soit 13 hectares, puis en 1990 le reste de l’exploitation.

Quelles étaient les productions ? Avez-vous rencontré des difficultés ?

J’ai produit des endives et des céréales jusqu’en 1999. Au début les revenus étaient corrects mais la baisse des cours entraînait progressivement une baisse des revenus. La situation devenait difficile. Une autre orientation était à envisager.
Un échange sur le sujet avec quelqu’un d’une coopérative a conduit à cette réflexion : pourquoi ne pas se lancer dans un élevage de poules pondeuses en bio. Bien sûr la décision n’était pas facile à prendre.
L’exploitation a été agrandie par achat et par location de terres pour atteindre 55 hectares. La reconversion des terres en agriculture biologique s’est faite petit à petit, et depuis une dizaine d’années c’est entièrement bio. Les désherbages se font mécaniquement (herse étrille, bineuse, binette).

Quelles ont été vos satisfactions ?

Je ne regrette pas du tout d’avoir fait cette démarche. Ce choix a permis de vivre de façon satisfaisante d’un travail qui en même temps respecte la nature et la santé des gens. J’ai pris ma retraite en 2017. Mon autre satisfaction c’est de voir Emmanuel notre fils prendre la suite et cela toujours en agriculture biologique.

Alain, vous avez ici le livre de l’Encyclique « Laudato si’ » du pape François.
Je n’ai pas fini de le lire. J’ai lu la première partie que je trouve très intéressante ; le pape François écrit dans un style simple, à la portée de tous.   Emmanuel, vous avez repris la ferme.

Quelles ont été vos motivations pour vous installer ?

J’ai grandi dans ce milieu, avec le bio, c’est un domaine qui m’est familier.
Ma motivation principale : la passion du métier.
De plus, j’ai la satisfaction de reprendre une exploitation familiale qui en est maintenant à sa cinquième génération.
Après le Bac et des études au Lycée de Pommerit-Jaudy en B.T.S. Analyse et Conduite des Systèmes d’Exploitation c’est donc naturellement que j’ai fait ce choix.

Avez-vous rencontré des difficultés ?

J’étais salarié sur la ferme pendant 2 années avant de m’y installer à mon compte en 2017. Je n’ai pas rencontré de difficultés : je reprenais un outil qui fonctionnait, et avec l’appui de mes parents la reprise s’est faite en douceur.

Comment vivez-vous votre métier d’agriculteur ?

Bien. Ce n’est pas nouveau pour moi. Je continue la production de légumes : choux, brocolis… l’élevage de poules pondeuses, toujours en bio. Pour les œufs nous avons un contrat avec une société qui nous assure les débouchés. Je réalise aussi une vente directe le vendredi et samedi après-midi.
A la ferme, avec le poulailler, il y a bien sûr du travail tous les jours. Depuis le mois de mars j’ai un salarié à mi-temps. On peut ainsi se permettre de quitter une journée ou quelques jours.

Emmanuel, comment voyez-vous l’avenir ?

Le contrat œufs est fait pour 10 ans, déjà engagé par mon père. J’ai aussi d’autres projets par exemple en vente directe. Et un autre poulailler est en cours de construction.

Vous avez lu « Laudato si’ » ?

Pas encore, mais j’ai le livre, je le lirai.

Rédigée par le Pape François, cette « Prière pour notre terre » conclut son encyclique sur l’écologie intégrale, Laudato Si’ (2015).

Dieu Tout-Puissant qui es présent dans tout l’univers et dans la plus petite de tes créatures,
Toi qui entoures de ta tendresse tout ce qui existe, répands sur nous la force de ton amour pour que nous protégions la vie et la beauté.
Inonde-nous de paix, pour que nous vivions comme frères et sœurs sans causer de dommages à personne.
Ô Dieu des pauvres, aide-nous à secourir les abandonnés et les oubliés de cette terre qui valent tant à tes yeux.
Guéris nos vies, pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs, pour que nous semions la beauté et non la pollution ni la destruction.
Touche les cœurs de ceux qui cherchent seulement des profits aux dépens de la terre et des pauvres.
Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose, à contempler, émerveillés, à reconnaître que nous sommes profondément unis à toutes les créatures sur notre chemin vers ta lumière infinie.
Merci parce que tu es avec nous tous les jours.
Soutiens-nous, nous t’en prions, dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix.

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