Que penser de la procrastination ? Enregistrer au format PDF

Vendredi 7 juin 2019 — Dernier ajout mercredi 24 juillet 2019

Quel drôle de mot récemment entendu !

J’ai du prendre les dictionnaires. Celui de 1985 ne connaît pas ce mot barbare, celui de 1925 le définit, mais rajoute « peu usité », donc vieillot. Que nenni !
Heureusement, il y a google où on trouve de tout, mieux qu’aux Galeries Lafayette.

Procrastination (du latin pro et cras qui veut dire demain), il s’agit tout simplement de remettre au lendemain ce qu’on devait faire aujourd’hui, voilà qui nous est plus clair.

Il semblerait que nous soyons tous et fréquemment tentés par la procrastination. Comment un mal aussi stupide a-t-il une telle emprise sur nous ? C’est frustrant, décourageant qu’il y ait tant de chemin entre la volonté d’agir et le fait de remettre au lendemain ce qui devrait être fait dès à présent.

Avoir envie, devoir effectuer une démarche, passer à l’acte, ok, mais « y a pas le feu », demain il fera jour !
C’est vrai que parfois, est-ce par fainéantise, par manque de décision ou par mauvaise volonté, je ne sais, on remet à plus tard une démarche qui nous pèse, enfin nous embête. Le médecin insiste pour que l’on fasse un peu de marche, mais la météo n’est pas très encourageante …

Passons sur le dicton du potache qui disait « il ne faut pas faire aujourd’hui ce qu’un autre peut faire demain ». Foin de boutade, rendons à la procrastination de qu’elle mérite.

Le poète latin disait « festina lente » hâte-toi lentement. Enfin une précaution de procrastiner.
Pour les grandes décisions, il est sage de bien réfléchir avant d’agir, avant d’acheter. On dit même qu’il vaut mieux dormir dessus une nuit, puisqu’elle porte conseil. Combien d’envies nous paraissent pressantes, urgentes sur le moment, nous entrainant à nous décider à la légère !
Et combien de tâches ménagères ou de la vie courante sont envoyées aux calendes grecques…

Je prône quand même de donner à la procrastination une valeur de sage réflexion. Procrastiner est aussi une attitude diplomatique. Si on me demande « tu as une minute » je réponds oui, mais plus tard dès que j’aurai fini ce qui est en train … Les Français seraient friands de cette tendance.
M’engager dans des actions de bénévolat ? oui bien sur « ‘j’voudrais ben, mai j’peux point », j’ai déjà pas mal de contraintes. Je ne dis pas non, mais oui plus tard.
Quand il s’agit de procrastiner, les psychologues disent que l’imagination est féconde, chargeant cette tendance comme un handicap maléfique.

En fait, le moteur de notre volonté d’agir est la motivation.
Procrastiner ? oui, non pas sur une velléité d’action, un désir passager, mais avec discernement.
Alors vive la procrastination qui nous oblige à peser le pour et le contre, à évaluer l’urgence de l’action.
Il est urgent d’attendre, demain sera un autre jour.