Rencontre avec Serge Paugam dans le cadre du Festival « Cap Fraternité » Enregistrer au format PDF

Organisé par les paroisses Notre Dame de la Mer et Étables sur Mer.
Vendredi 15 mars 2019 — Dernier ajout mardi 12 mars 2019

Retisser les liens sociaux dans une société inégale.

Serge Paugam, sociologue, est Directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) et directeur de recherche au CNRS, responsable de l’Équipe de Recherches sur les Inégalités Sociales.
Auteur de plusieurs ouvrages sur la pauvreté, la précarité et la solidarité

Qu’est-ce qui vous conduit à faire des études de sociologie ?

Je me suis préoccupé très jeune de la question de la pauvreté. Lycéen à St-Charles à Saint-Brieuc, je me suis investi dans les mouvements tiers-mondistes (CCFD) et j’ai suivi des formations sur le thème du développement. J’ai été également en relation avec une famille très pauvre lorsque j’habitais à Plérin et je suis devenu à 17 ans le parrain de l’une des filles, ce qui m’a sensibilisé à l’analyse compréhensive des conditions de vie dans la grande marginalité. C’est toutefois à l’Ecole des Hautes en Sciences Sociales à Paris, à partir du DEA, que je me suis vraiment formé à la sociologie. J’y ai préparé ma thèse de doctorat sur le thème de La disqualification sociale (soutenue en 1988)

Vous conduisez des recherches sur le thème « sociologie des inégalités et ruptures sociales », qu’est-ce qui a changé entre le 20 et 21 ème siècle ?

Dans les deux dernières décennies du 20e siècle, nous avons pris conscience de la dégradation de la société salariale (chômage de masse, précarité des emplois, disqualification sociale des pauvres …) et de nombreuses politiques ont été menées dans un esprit de solidarité pour y remédier. Depuis l’entrée dans le 21e siècle, les inégalités entre les riches et les pauvres se sont encore accrues créant des formes de ségrégation sociale. Pourtant le consensus sur la nécessité de réduire la fracture sociale qui prévalait à la fin du 20e siècle n’existe plus. Les pauvres sont de plus en plus accusés de profiter des aides sociales et de plus en plus stigmatisés.

D’un point de vue sociologique quels sont les facteurs qui peuvent contribuer à la fraternité ?

Il faut partir de la pluralité des liens sociaux et revenir aux sources de la solidarité humaine. Nous avons tous besoin de protection (« compter sur ») et de reconnaissance (« compter pour ») et ces deux fondements de la solidarité se retrouve aussi bien dans les échanges au sein de la famille, au sein des cercles d’amis et des associations, que dans les relations professionnelles et dans les liens que nous tissons au quotidien avec les institutions publiques. Chacun de nous est anthropologiquement solidaire et fraternel car il ne peut vivre sans ces attachements multiples qui lui assurent à la fois la protection face aux aléas du quotidien et la reconnaissance de son identité et de son existence en tant qu’être humain.

Serge Paugam sera présent le Vendredi 22 mars à 20h30 à Binic-Etables-sur-Mer (salle de l’Estran) pour une conférence qui aura pour thème :

« Revenir aux sources de la solidarité humaine »

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Voir l’article : Programme du festival “Cap Fraternité” et l’article Serge Paugam à l’Estran de Binic - Étables-sur-Mer

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