Robert Josset transmet l’émotion ressentie Enregistrer au format PDF

Lundi 3 février 2020

Nous avons rencontré Robert Josset, artiste peintre, bien connu sur la paroisse Notre Dame de la Mer, il nous livre sa passion et sa façon de créer

Comment êtes-vous venu à la peinture ?

J’ai toujours aimé dessiner depuis mon enfance. Vers l’âge de 6 ans j’ai été immobilisé pour des raisons de santé et plutôt que de lire, je dessinais. J’aurais aimé faire des études en lien avec ma passion mais pour mes parents : « artiste » ce n’était pas une profession.
J’ai donc été professeur de dessin technique, puis technicien dans le bâtiment, où je créais des pavillons. Le week-end et les vacances étaient consacrés à la peinture. Cela devenait contraignant pour la famille car tout le temps libre était occupé par la peinture.
En 1978 après avoir mûri la décision avec mon épouse et les enfants j’ai fait le choix de devenir peintre professionnel. Nous nous lancions dans l’inconnu…
Avec mon épouse nous nous sommes engagés dans la paroisse : conseil pastoral.
J’ai participé aux décorations diverses : tableau de l’avent, de Noël, dessins pour la catéchèse. Les enfants faisant du scoutisme, nous avons pris des responsabilités dans l’encadrement des plus jeunes. Nous avons encadré des compagnons au Burkina Faso en tant que chef scout. Le dessin quand c’était nécessaire a toujours fait partie de mes engagements. _ Le dessin c’est un don que j’ai reçu et il est nécessaire pour moi de le partager.
Pendant 12 ans j’ai collaboré à l’élaboration des fiches dominicales avec Bernard le Gal. Ces fiches étaient tirées jusqu’à 12000 exemplaires et distribuées en France, en Belgique et en Suisse.

Comment travaillez-vous ?

La première création c’est la nature. J’adore peindre à l’extérieur. J’emmène mon chevalet, et je m’installe devant le paysage que j’ai envie de peindre. Je me sens en communion avec la nature. Cette dernière nous fait souvent des clins d’œil : un rayon de soleil sur un toit d’ardoise, une brise sur un champ de blé… à nous de les capter.
Mais la nature n’est qu’un support. Ma façon de peindre est la suivante :je regarde pendant vingt minutes le paysage à peindre, puis je ferme les yeux, moment de méditation, j’intériorise et à ce moment précis, je sais ce que je vais peindre. Gauguin disait « je ferme les yeux pour mieux voir ». L’artiste transmet dans son œuvre ce qu’il a reçu, l’émotion qu’il a ressentie. Il est un intermédiaire qui occupe une place modeste de médiation. Quand je regarde une toile, même si je l’ai réalisée il y a longtemps, je me souviens exactement des états d’âme qui étaient les miens lorsque je l’ai peinte.

Les débuts en tant que peintre professionnel ont été un peu laborieux, il fallait se faire connaître. Bien sûr, il y avait le réseau personnel, mais c’était insuffisant pour en vivre. Je faisais 4 à 5 expositions par an. Cela m’a permis de me situer par rapport à d’autres artistes.
Cependant, j’expose parce que je peins, mais je ne peins pas pour exposer.
En 1981 j’ai été invité par des amis au musée de Pont Aven. C’est à ce moment-là que nous avons décidé d’ouvrir une galerie permanente afin d’y exposer mes tableaux. Nous vivons donc 6 mois à Plérin et 6 mois à Pont Aven.
C’est merveilleux parce que je fais ce que j’aime. Peindre pour moi est une nécessité.
Pendant longtemps je n’ai peint que la nature, pas de personnage. Il n’y a que depuis 25 à 30 ans que je peins ou dessine des personnes. Je voulais qu’ils soient vivants, que j’arrive à traduire leur émotion et leur ressenti.

Qu’est-ce que la beauté d’une toile ?

La beauté n’est pas dans le tableau mais dans le regard que l’on pose sur lui .il y a des œuvres qui restent muettes. C’est la même chose pour la musique, la poésie.
En peinture il faut faire la différence entre regarder et voir, le regard est subjectif. Beaucoup de gens regardent mais peu voient. Pour voir véritablement, il faut creuser, ressentir, selon la sensibilité du moment. Une image, un paysage s’enregistre dans la mémoire mais il lui faut un temps de maturation.
Dans une toile, il y a l’émotion, la sensibilité, les états d’âme du peintre : « Ce que je suis, se découvre dans le tableau  ». En toute humilité, tant pis pour moi …

Quelles sont les conditions favorables pour peindre ?

Pour créer, j’ai besoin d’un climat serein. Lorsque l’on me sollicite pour un dessin dans un cadre précis j’ai besoin d’anticipation, il me faut un temps de maturation. C’est également le cas, quand je veux peindre un paysage dans une région que je ne connais pas, il me faut 3 ou 4 jours pour m’imprégner de l’ambiance du lieu.

Festival Cap Fraternité
En InterEAP, nous avions projeté de renouveler l’expérience de l’an dernier : une semaine vécue sous forme de Festival. Pour des raisons de disponibilité, en raison aussi du contexte électoral, nous avons préféré reporter ce Festival, qui portera sur le Beau, au mois de mars 2021.
Toutefois, les deux paroisses se retrouveront le dimanche 29 mars 2020 à Pordic pour une journée de prière, de convivialité, de catéchèse pour enfants et jeunes, de rencontre pour les adultes. Merci de réserver la date !
Pour l’intereap : Roland, curé.
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