Sauve qui peut ! Enregistrer au format PDF

Dimanche 29 mars 2020 — Dernier ajout lundi 30 mars 2020

Devant cette pandémie qui se répand comme les flots impétueux d’inondations, la crainte d’en être victime se transforme en phobie personnelle et panique collective. Même si le risque létal d’en pâtir n’est que 2 % (d’après les statistiques …), la crainte demeure générale. La maladie, qualifiée pandémique est bien globale, cosmique : « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » dit la fable de La Fontaine. » C’est presque l’histoire de toute société humaine. (Chamfort).

On sait les dispositions qui sont préconisées face à ce fléau mondial : confinement et hygiène. Chacun est appelé à se protéger pour lui et pour les autres, c’est une mesure de survie. On pense d’abord à sa propre personne, aux siens et donc à se sauver de ce grand péril. Sauve qui peut ! pour les citadins en recherche d’asile sanitaire. On ne peut les blâmer, même si cet exode peut être vu comme une invasion, une intrusion dans des lieux plus pacifiques.

L’heure est venue d’adopter une nouvelle manière de vie, confinée, isolée, au moins physiquement. Toutefois, beaucoup d’initiatives d’altruisme et de solidarité apparaissent, un sursaut de sens civique qui fait plaisir à voir.

La Santé ! état de celui dont les fonctions ne sont troublées par aucune maladie, dit le Larousse. Ce mot primordial est offert lors des vœux du Nouvel an. « A votre santé » lors des toasts de fête et d’anniversaire. C’est dire que c’est un bien précieux, et un vieux dicton affirme :« Santé passe richesse »
Santé se dit aussi salus en latin ; salut, expression élémentaire de civilité. C’est de prime abord le vœu de se sauver, car on ne doit parfois son salut … qu’à la fuite ! Se sauver de quoi ? du malheur tout simplement, et positivement un souhait de bonheur.

Les pouvoirs publics incluent dans leurs intentions des dispositions pour la santé publique : En 1902, la Loi a prescrit
1°) obligation pour toute commune d’avoir un règlement sanitaire
2°) vaccinations obligatoires
3°) mesures de désinfection à pratiquer pour les maladies infectieuses etc …

Plus récemment, la Commission préparatoire au VIIe plan en mars 2016 a affirmé « la santé est un mouvement d’adaptation : elle est capacité à s’adapter à un environnement qui change : capacité de grandir, de vieillir, de guérir … et finalement d’attendre la mort en paix. »
Et l’encyclopédie Théo de poursuivre « cette vieille définition qui intègre une vision dynamique de la vie de l’homme, qui regarde la mort en face et qui ne fait pas de, la jeunesse un des critères de la santé, plaît d’avantage aux chrétiens que la définition de la santé qui verrait en elle un état complet de bien-être physique, mental et social ». (THEO p.1070).

La santé, le salut, quel objectif pour les chrétiens !
« En chemin, proclamez que le règne de Dieu s’est approché … guérissez les malades, ressuscitez les morts » Mt 10,6 ! Les Hôtels-Dieu ont existé bien avant que les Etats n’assument les tâches sanitaires. Que de Congrégations religieuses ont été créées pour s’occuper des soins et des pauvres. En agissant ainsi pour leurs semblables, les chrétiens disposaient de véritables remèdes que sont les sacrements.

L’Écriture et surtout l’Évangile aident à comprendre le salut (la Santé !). Dieu veut voir aboutir sa création ; l’homme est créé pour partager vie et bonheur, au-delà même de la traversée du mal et de la mort. Obnubilé par la et les libertés, obsédé par la recherche d’assurances tout azimut, l’homme moderne perd le sens de la valeur-santé, du salut. Quelle grâce d’entendre à Noël « aujourd’hui vous est né un Sauveur ». Un Sauveur pour toute l’humanité.

Face à cette pandémie qui bouleverse toutes les sociétés humaines, un fléau qui endeuille des millions d’humains, le dévouement et la prière demeurent les plus nobles aspirations. « Que Ta volonté soit faite » disons-nous dans le Notre Père, n’est pas un inch’Alla fataliste ; certains exégètes traduisent plutôt Que Ton Désir soit fait.
Le Désir de Dieu est que l’homme vive, et d’une vie exceptionnelle, une vie éternelle, excusez du peu. La Résurrection du Christ n’en est-elle pas le gage ?

Sauve qui peut, oui, Sauve qui veut ! Telle est notre Espérance.

Voir en ligne : Jean-Jacques Goldman : son hommage en musique à ceux qui « sauvent des vies »