Semaine d’hommages … Enregistrer au format PDF

Jeudi 14 décembre 2017 — Dernier ajout mercredi 13 décembre 2017

A l’origine, hommage était le devoir que le vassal devait à son seigneur, « l’hommagé » devenant l’ homme du seigneur. Devoir empreint de respect, de reconnaissance. Cela s’est démocratisé.

Nos monuments aux morts, depuis les lendemains de la Grande Guerre, sont des témoignages de respect pour ces vies données pour la Patrie. N’est ce pas la moindre des choses de rendre hommage à ceux qui ont versé leur sang pour la Nation ? Nous venons de passer une semaine exceptionnelle où les hommages les plus divers ont été rendus. Du chef de l’État aux gens du peuple innombrable, quelle manifestation d’émotions et d’éloges ! L’éloge funèbre est connu depuis des temps immémoriaux, nous disent les historiens :e-logos, bonne parole, comme « béné-diction », le panégyrique est fréquent devant la mort.

Vendredi 8 décembre : Devant la dépouille de Jean D’Ormesson, un hommage national aux Invalides, d’abord à la cathédrale officielle depuis 1670, où reposent les cendres de Napoléon, véritable temple républicain. Où l’Etat rend hommage aux grands hommes (André Malraux, Simone Weil) A la cathédrale de cette Institution, c’est le récit de la résurrection de Lazare qui donne le ton chrétien à l’événement : la vie avec Jésus qui a vaincu la mort. « tout passe, tout finit » écrivait Jean D’Ormesson. Aurait-il été un stoïcien prônant le panta rhei grec, où tout coule ? Non, déclame Emmanuel Macron, dans la cour de l’Hôtel des Invalides, « il semblait fait pour donner aux mélancoliques le goût de vivre et aux pessimistes celui de l’avenir ». Difficile de résumer une vie aussi intense que celle de l’académicien, une vie paradoxale, mais restera le souvenir d’un conteur plaisant, rayonnant de joie de vivre. La pompe républicaine saura avec sobriété déposer le cercueil par terre portant un simple crayon à papier ! C’est la force des symboles quand ils sont bien choisis.

Samedi 9 décembre : Les hommages suivent tout en changeant de nature. Après l’hommage national, place à l’hommage populaire. Les médias passent en boucle les infos et images du chanteur Johnny ; débauche d’éditions spéciales, frisant l’inondation. Il faut dire que la popularité du rocker, basée sur 60 années de spectacles, traversant plusieurs générations donne l’occasion aux fans d’exprimer leurs émotions, et à beaucoup leur admiration. Sur le parvis de la Madeleine, le chef de l’État célèbre avec sobriété le statut étoilé de l’icône de la nation ; Johnny vecteur de rassemblement, « idole des jeunes », c’est le porteur de toutes les émotions de tout ce peuple de France rassemblé dans le froid hivernal. La cathédrale Notre Dame n’est pas en reste, twittant un message avant la cérémonie funèbre « Oh, Marie, si tu savais » avec la célèbre photo de la statue Notre Dame de la cathédrale de Paris. Tout en intégrant dans l’hommage religieux des musiques de Johnny, exécutées avec quelle intensité !, le Père de Sinety appelle l’assemblée à lever les yeux vers Celui qui est la source et l’accomplissement de l’amour. Il terminera son homélie par la citation du fameux chant « Que je t’aime, que je t’aime ». Il a beaucoup été dit sur l’idole samedi, mais s’adresser au Fils de Dieu lui-même dans la prière, quel élan dynamique, quasi mystique. Les prises de parole des Écritures choisies ou dites par des amis du chanteur élevaient le ton, le débat, le sens de cette célébration. Laeticia elle-même, arborant la croix de Johnny incitait au recueillement.

Mardi 12 décembre : Voilà qu’on nous annonce le décès du grand patron de Ouest-France. Journaliste engagé, convaincu, à l’humanisme éclairé. Ils ne seront pas sur les Champs-Elysées les 700 000 lecteurs de ce quotidien … mais chez eux au chaud, pour lire les articles de ce chevalier de l’information. A la Une, aujourd’hui, l’éditorial, son édito, vrai testament ! donne le ton à son hommage bien mérité. Mgr Moutel lui-même a apprécié l’attention de François-Régis Hutin à la personne humaine, trouvant ses éditos engagés, courageux, empreints de clairvoyance. C’est que FR Hutin voulait « dire sans nuire, dénoncer sans condamner, informer mais avec respect ». Un champion du journalisme en somme. Oui quelle semaine ! Une avalanche de moments forts, que chacun conservera en mémoire, car fan ou pas, lecteur assidu ou pas, abonné ou non, être témoin de ceux qui ont vécu de si belles vies, c’est recevoir ce qu’ils ont pu apporter de bon à leurs concitoyens. Enfin … comment ne pas évoquer la Danse Macabre de Kermaria an Iskuit ? Comme à Plouha l’actualité nous fait danser sur nos écrans le troubadour, l’écrivain et le chevalier ?

http://www.infobretagne.com/plouha-kermaria-an-iskuit.htm