Une stigmatisée à Binic Enregistrer au format PDF

La « stigmatisée de Catifera ».
Lundi 4 novembre 2019

En cette période Toussaint, il est heureux d’évoquer le souvenir de ceux qui ont été gratifiés de grâces exceptionnelles, et qui, nous le pensons, sont dans le bonheur divin. Surtout quand ils nous sont proches, dans le temps ou la géographie.

Nous avons déjà raconté sur ce site les vies de petites « saintes » populaires, bien de chez nous :

  • Anne Le Corre de Lanvollon, dont la tombe est toujours fleurie, et c’était au XIXe siècle
  • Marie-Julie Jahenny de La Fraudais près de Blain (L.A) au XXe siècle, dont le cardinal Pacelli, futur Pie XII, venu la voir en 1939 disait « il n’y a pas de fraude à la Fraudais.
  • Madeleine Morice (1736-1769) mystique bretonne inhumée dans l’église de Porcaro.
  • Catherine Daniélou autre mystique qui a vécu la fin de sa vie (décédée à Saint-Guen le 4 novembre 1667), en notre diocèse.

Et aujourd’hui, au milieu du XXe siècle : Philomène Bertho de Binic, stigmatisée, surtout les vendredis en union avec le Seigneur Jésus.

Le Professeur Massignon, islamologue reconnu, Pordicais et Binicais (à Ker-Ephèse rue Jeanne d’Arc à Binic) annonçait dans un ouvrage qu’il devait se rendre à Binic rencontrer la stigmatisée Philomène Bertho. Très pieux et marqué par la vie mystique de Saint-François, et surtout ses stigmates, il se devait de rencontrer une stigmatisée vivante, dans les années 1930.

L’abbé Olivier Michel, natif de Binic, est venu au siècle dernier, dans les années 1980, en retraite à Binic. Avec les abbés Louis et René Michel, que de services rendus chaque jour à la paroisse !

L’abbé Michel a bien connu notre stigmatisée. Encore séminariste, il lui a rendu visite. Il témoigne « Je me souviens encore bien d’elle. Et je revois encore les mains qu’elle me tendait, couvertes de mitaines pour protéger les stigmates de la Passion du Christ qui apparaissaient surtout le vendredi, dans le creux de sa main ».

La famille Houard qui tenait le bureau de tabac (chez Henriette) au coin de la rue, se souvenait d’apporter souvent un bol de soupe à ces pauvresses.
D’après Henriette, « elles étaient 2 sœurs, une grande et forte femme (probablement Thérèse) et Philomène petite bonne femme, frêle, d’allure chétive, à la silhouette toute cassée ». Elles habitaient rue des Falaises, qu’on a toujours appelée Catifera, au n° 11, devenu plus tard une agence bancaire. Nos ancêtres binicais ne semblent pas avoir prêté beaucoup d’attention à cette stigmatisée.

Philomène était née en 1851 et mourut à l’hospice dit des capucins à Saint-Brieuc, le 10 juillet 1933, à l’âge de 82 ans.
C’est l’aumônier de l’Hôpital qui lui administra les sacrements de l’Eglise. Le décès fut enregistré à la mairie de Saint-Brieuc, puis transcrit à celle de Binic à la date du 12 juillet 1933. Recevant « les honneurs de la sépulture chrétienne » dixit le bulletin « Le Large » du 16 juillet, elle fut inhumée au cimetière de Binic.
Dès le 16 juillet, des services funèbres furent commandés par les familles Yves et Théophile Bertho.

« Voici le peuple immense … » chantons-nous à la Toussaint, il est bon de se souvenir de ces bien-aimés de Dieu qui ont bénéficié de grâces exceptionnelles, et qui désormais sont dans la Béatitude éternelle. Et que nous pouvons prier, en français, en gallo ou en breton !

Avec l’amicale collaboration de Christian Querré et de Bérengère Massignon.

NDLR : remerciements à toute personne qui apportera de nouvelles informations sur cette binicaise.

Voir en ligne : Stigmates