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Mardi 3 mars 2020

Voilà un mot qui fait l’actualité depuis quelques jours avec les événements sanitaires survenus en Chine et qui impacte le monde.

Voilà un mot qui fait l’actualité depuis quelques jours avec les événements sanitaires survenus en Chine et qui impacte le monde. Or, employer ce mot c’est faire référence à une période de 40 jours. Pour l’actualité présente, il désigne une période de 14 jours de mise à l’écart. Devons-nous alors réduire le temps de carême qui a commencé le mercredi 26 février à deux semaines ?
Le mot même de Carême renvoie au sens d’une quarantaine, faisant référence aux 40 années du peuple hébreu dans le désert, marchant vers la Terre Promise et aux 40 jours de Jésus au désert avant son ministère public. Ainsi, vivre le carême ce n’est pas forcément se mettre à l’écart du brouhaha de la société mais c’est durant 40 jours se centrer sur l’essentiel de notre être chrétien pour retrouver la fraîcheur de notre baptême, qui est une nouvelle création.
Nous pourrions n’assimiler le sacrement du baptême qu’à un rite de purification dans l’eau.
Or, le baptême chrétien est une plongée dans la vie du Christ, de ce Jésus qui passe par les difficultés de l’existence, qui vient chercher chaque être humain dans la faiblesse de son humanité pour lui donner de vivre à jamais de la vie divine, d’une vie de résurrection. Ainsi, notre baptême engage notre avenir. Il est invité à se déployer tout au long de notre vie en la fondant sur une triple dimension : la relation à Dieu, la relation aux autres et la relation à soi-même.
Aussi, en écho au thème retenu par le CCFD-Terre Solidaire pour ce carême 2020 : « l’écologie intégrale » et en m’appuyant sur le troisième rêve du Pape François dans son exhortation sur « L’Amazonie Bien-aimée », je souhaite que nous puissions faire de cette période extraordinaire, qui nous conduit du désert à la fête de Pâques, une véritable conversion évangélique et un véritable itinéraire spirituel où nous pourrons mesurer les beautés de la Vie et de la Création. Alors, dans un même élan, nous pourrons nous donner, à notre niveau, les moyens de sauvegarder cette planète et notre bien commun pour une meilleure santé de tous. « L’équilibre planétaire dépend aussi de la santé de l’Amazonie. » (n°48) écrit le Pape François et de poursuivre : « Réveillons le sens esthétique et contemplatif que Dieu a mis en nous et que parfois nous laissons atrophier. (…) Si nous entrons en communion avec la forêt, notre voix s’unira facilement à la sienne et deviendra prière. » (n°50)
Quelle chance alors de pouvoir vivre cette quarantaine comme l’occasion de faire, en nous, œuvre de conversion pour changer nos habitudes sur notre manière d’utiliser les biens naturels, de cultiver, de produire, de consommer, d’exercer notre devoir citoyen et alors de participer à la transformation de la société pour un développement durable et solidaire, soucieux de préserver « notre maison commune » et d’améliorer la santé de tous.
Bon Carême !