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Entretien avec Serge Kerrien (diacre)

Quand Serge Kerrien, diacre, avait reçu le sacrement des malades à l’hôpital de Paimpol, il avait partagé les expériences qu’il venait de vivre.
A présent c’est chez lui qu’il nous a expliqué en détail quelles étaient ces « expériences » qu’il continue de vivre au quotidien.

Première expérience : la souffrance.
La violence de la souffrance qui nous apprend ce que veut dire « souffrir ». Tant qu’on ne l’a pas connue on ne s’en rend pas compte. On est sorti de l’époque où souffrir était nécessaire pour gagner son ciel.

La plus importante celle de l’abandon.
« Je n’ai jamais été révolté contre le Seigneur, ni fâché ni en colère et je suis très apaisé depuis que j’ai reçu le sacrement des malades. Ce sacrement a été une prise en charge par les autres. L’évangile prend corps et tu n’es plus maître de ton corps. Les infirmières viennent faire ta toilette, tes soins et tu te laisses faire par d’autres qui te veulent du bien, tu es mis à nu. Tu oublies tout ce que tu étais, ton corps, tes préjugés. C’est le début de l’abandon.

Et puis, c’est toi Seigneur qui pilote les affaires, quand tu voudras. J’ai beaucoup parlé avec le médecin à Paimpol et je lui ai dit « je m’abandonne entre vos mains et celles du Bon Dieu. Ah non ! a t-il répondu entre les mains de Dieu d’abord et ensuite entre les miennes », j’ai trouvé ça très beau. »

Une autre expérience celle de la grâce …
Sans elle j’aurais baissé les bras mais j’ai reçu beaucoup de grâces par les prières des uns et des autres comme une espèce de bulle qui m’entoure de prières, tout autour de moi, et qui m’empêche de hurler et d’en vouloir au monde. Ça me porte dans la maladie et je ne suis pas abandonné.

Celle de l’amitié, la véritable amitié.
La maladie fait le ménage. Certaines personnes que je croyais être des amies ne sont plus venues me voir, ne m’ont plus écrit. Mais j’ai aussi été très touché par des marques d’amitié très forte, comme celle du Père Mikerson qui est venu me porter la communion le jour de son installation, du Père Évêque qui me visite régulièrement et d’amis qui me portent la communion ou viennent prendre de mes nouvelles.

Celle d’un nouvel aspect du ministère diaconal
Je suis très touché par la charité du personnel soignant qui s’exerce au quotidien. Ma mission diaconale n’est pas finie et c’est une façon différente de l’exercer. Ces soignants et soignantes se confient parfois et nous échangeons librement sur des sujets très personnels comme la famille, la foi, ils savent que je suis croyant, diacre et voient mon chapelet près de moi. Je fais alors l’expérience de la confiance réciproque.

De leur part, il y a aussi une grande humanité et beaucoup de gentillesse car elles t’aident et font en sorte que tu gardes ton humanité alors que la maladie te déshumanise. Il y a ce regard de bonté que tu poses sur l’autre : Dieu aussi est bon, quelle chance !

Je suis porté vraiment par ma famille et je prie pour ceux qui sont seuls .

Serge, nous sommes entrés en Carême. Que peux-tu nous dire aux vues de ta maladie ?
Le Carême, c’est s’oublier soi-même pour mettre le Christ et les autres au centre de nos vies .

Propos recueillis par Cathy

 

 

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