Sainte Mère Théodore Guérin … Une sainteté à notre portée

La connaissez-vous ?
Quel est son message pour aujourd’hui ?
Vous en aurez un aperçu en lisant les quelques lignes qui suivent et qui dévoilent la modernité de son exemple.
Son enfance à Étables fait naître son désir de Dieu.
Née le 2 octobre 1798, Anne Thérèse Guérin fait partie d’une famille de 4 enfants dont le père est officier marinier. À sa naissance, sa mère, Élizabeth, la consacre à la Vierge Marie. Elle lui enseigne les Saintes Écritures et lui apprend à lire et à écrire. À 9 ans, sa mère la confie à une petite école qui s’ouvre à Étables. Puis, un séminariste prendra le relais. Elle fait sa première communion à 10 ans et elle dit à son confesseur qu’elle veut donner sa vie à Dieu. Elle attendra 15 années de plus.
Anne-Thérèse quitte l’école pour prendre soin de sa Maman, fragilisée par le décès de ses petits frères et de son époux. Après 15 ans d’attente, sa Maman lui dit : « Ma fille, tu peux maintenant partir, tu as le consentement et la bénédiction de ta Maman. Je ne peux plus refuser à Dieu le sacrifice qu’il me demande. »
En1824, sa sensibilité la porte à entrer à la Congrégation des Sœurs de la Providence à Ruillé.
Cette Congrégation, fondée en 1806, est dédiée à l’éducation des enfants, aux soins des malades, et aux plus démunis, une orientation en phase avec sa conception de servir Dieu.
Après ses premiers vœux, elle est nommée directrice de deux écoles à St-Aubin à Rennes puis 8 ans après, à Soulaines en Maine et Loire, elle visitera aussi les malades. Elle prendra des cours de médecine et de pharmacie et recevra un certificat pour faire des diagnostics et préparer des médicaments. Ses talents d’enseignante lui vaudront les palmes académiques à Rennes et à Soulaines. Sa générosité et sa charité feront l’admiration de tous.
En 1839, Sœur Théodore est appelée à partir en Indiana.
La Maison Mère de Ruillé est priée par l’évêque de Vincennes en Indiana de désigner une religieuse pour créer une mission, « une sœur capable, pleine de zèle pour le Seigneur mais aussi prudente, remplie de l’esprit de la congrégation avec un grand amour pour les âmes. » Sœur Théodore est la seule à répondre à ce profil. Elle se montre peu enthousiaste pour partir mais elle finit par accepter.
Le 12 juillet 1840, elle part avec 2 religieuses et trois novices. Le voyage dure 40 jours en mer et des semaines de voyage difficile. Mère Théodore garde confiance en la Providence, certaine que Dieu veille sur le petit groupe missionnaire porteur d’une mission qui, par l’amour et l’éducation, allait toucher d’innombrables personnes.
Enseigner et soigner, une façon pour elle de vivre Jésus dans sa mission.
Pour encourager « ses Sœurs », Mère Théodore leur disait par exemple « Avez-vous pensé parfois, mes chères filles, que vous êtes appelées à faire ici-bas ce qu’a fait notre Seigneur lui-même ? Il instruisait, et vous aussi. » À leur arrivée le 22 octobre 1840, au milieu d’une forêt dense, « Dieu, notre TOUT, nous attendait dans une pauvre cabane. » dira-t-elle. Hébergées par de généreux pionniers, les Tralls, les Sœurs créent rapidement leur mission. Elles achèteront la ferme des Tralls, débroussailleront les champs, feront des semailles. Moins d’un an après leur arrivée, l’école de Ste Marie des Bois ouvre. Très vite, d’autres missions seront créées aux alentours ainsi qu’une école. Mère Théodore prendra le temps d’enseigner « ses Sœurs » par de nombreux conseils sur l’éducation des enfants tel : « Les enfants aiment naturellement, même quand on les punit. Mais, s’il est nécessaire d’être juste, il est encore plus nécessaire d’être bon. »
Quel est son message pour nous aujourd’hui ?
Mère Théodore puise aux sources de l’Évangile le sens de sa mission. Elle en imprègne « ses sœurs ». Elle leur rappelle que : « Notre Seigneur lui-même donnait son enseignement à la foule en paraboles, se réservant ensuite de l’expliquer totalement aux apôtres. » Au regard des nombreux immigrés et du peu de catholiques, elle conseille « de préserver la tranquillité des familles en n’insistant pas outre mesure sur la pratique des commandements. »
Le « prendre soin » est une tâche quotidienne. Les Sœurs portent sans se ménager la souffrance des personnes venant à elles, leurs écoles et orphelinats accueillent les enfants nécessiteux. Elles s’occupent des malades, elles donnent des médicaments gratuitement, etc…
Que retenir de la vie de Mère Théodore ?
Son attachement très fort à Jésus : Mère Théodore était toute tournée vers Lui.
Enseigner, soigner sans jamais perdre de vue l’exemple que Jésus a donné sur terre, Mère Théodore et « ses Sœurs » étaient animées de ce désir ardent d’enseigner et de soigner avec bonté et amour. Son œuvre en Indiana réalisée, avec tant de difficultés et d’abnégation, en un temps record, le montre.
Son ouverture au monde : un monde qu’elle ne fuira pas, même s’il pouvait lui paraître hostile ; en partant à l’autre bout de la planète, un monde qu’elle veut aimer pour le bien des populations dont elle ne connaît pas la langue mais qu’elle veut sauver de leur ignorance de la Foi et de leur ignorance tout court.
Un dernier point auquel elle accordait énormément d’importance la Providence : elle se reposait entièrement sur la Providence. Elle conseillait « aujourd’hui, laissons le soin à Dieu de s’occuper de l’avenir et de l’angoisse du passé. Il nous faut mettre toute notre confiance en Dieu et croire fermement qu’il nous aidera. »
Puisse l’exemple de Sainte Mère Théodore nous porter davantage à aimer Dieu, le monde, notre prochain et à renouveler nos manières de vivre le Christ.
Rosita Carpier – Présidente du Mouvement Chrétiens des Retraités (MCR)