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Passé et avenir s’étreignent

Pendant l’été, la sortie du film l’Odyssée, une adaptation de Christopher Nolan, a remis au goût du jour l’œuvre éponyme d’Homère. Celle-ci a contribué à façonner la pensée, la culture et la civilisation occidentales, et bien au-delà.

Chez Homère, après la guerre de Troie, Ulysse veut rentrer au bercail avec ses compagnons. Parmi les dangers qui menacent ce retour, certains sont liés à l’amnésie. Le premier se rencontre chez les Lotophages. Celui qui mange le fruit du lotus, au goût sucré, oublie sa patrie et sa famille, et n’a plus envie de rentrer. Le second advient après la mort de ses compagnons. Ulysse, esseulé, est retenu pendant sept ans par la belle Calypso qui voudrait le garder près d’elle, loin de ceux qui lui sont chers. Ulysse, lui, pleure sur le rivage en regardant vers sa patrie qui risque de l’oublier.

Il y a un lien inextricable entre le passé, le présent et l’avenir. Une personne ou un peuple qui oublie son passé est hors sol. Il lui manque des racines pour puiser les richesses de son histoire, celles qui permettent de vivre le présent et d’envisager un avenir radieux. Or la venue du pape Léon XIV en France nous a invités à renouer avec ce passé. Au Palais de l’Élysée, le 25 septembre, il a rappelé à la France qu’elle « brille depuis des siècles comme un phare culturel, artistique et spirituel », et l’a exhortée à rester fidèle à ses valeurs pour construire un avenir fondé sur l’unité, la dignité humaine et la paix. Le 26 septembre, lors de la messe, place de la Concorde, il a cité les saints de ce pays : Blandine, Martin, Vincent de Paul, Jeanne Jugan et tant d’autres. Par leur témoignage de vie, ils nous montrent le chemin à suivre.

Chers paroissiens, comment le dialogue entre le passé et l’avenir, l’ancien et le nouveau, les générations âgées et plus jeunes, peut-il profiter à notre communauté paroissiale ?
Tout se trouve dans l’équilibre. Le pape lui-même tient les deux bouts.
Lors des vêpres à la cathédrale Notre-Dame, il a constaté que sa reconstruction fait d’elle un lieu où « le passé et l’avenir s’étreignent ».
Le passé peut être un tremplin vers l’avenir.
Mais n’en devenons pas prisonniers.
Gardons-nous de dire trop vite « on a toujours fait comme ça », car cela nous enferme dans l’immobilisme et nous empêche de vivre l’odyssée ou l’aventure que permet le souffle de l’Esprit Saint.

De même, en nous ouvrant à la nouveauté, sachons compter sur la disponibilité, l’expérience et l’esprit de transmission des devanciers.

Bon mois de novembre en compagnie de tous les saints, bel Avent et, d’ores et déjà, joyeux Noël.

Jacques Adi prêtre coopérateur

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